par Jennifer McKenzie, Cheffe du NPD du Nouveau-Brunswick

 

Le Gouvernement libéral a prononcé un discours du Trône décousu et peu inspirant la semaine dernière lors de la première séance de la dernière session de cette Législature. L’absence d’applaudissement, outre ceux des Libéraux, était assourdissante.

 

Les Libéraux ont établi trois priorités pour l’année à venir: l’économie, la santé et l’éducation seraient les trois principales priorités du Nouveau-Brunswick. Pourtant, le bilan du gouvernement dans chacun de ces domaines n’offre aucune raison de se vanter.

 

Des dizaines de millions de dollars ont été donnés à des grandes compagnies au nom de la «création d’emplois», des emplois qui ne sont pas restés longtemps ou qui ne sont pas venus du tout. Les libéraux ont donné de l’argent à des compagnies comme Sears et la Banque TD qui ont enregistré des profits de 24 milliards de dollars au premier trimestre de l’année. N’importe quelle croissance économique, que les Libéraux nous rapportent en taux composé sur trois ans pour gonfler les chiffres, dépend de facteurs qui échappent complètement à notre contrôle, comme les dépenses fédérales en infrastructure (à cet égard, pourquoi y a-t-il autant d’ouvriers du Québec et de la Nouvelle-Écosse sur nos routes?) ou encore une économie américaine robuste et des touristes américains qui s’échappent de Trump vers le Canada.

 

En santé, c’est encore pire. Gallant a été le premier à abandonner les négociations avec le fédéral et à plier pour la première offre qui ne tient pas compte du fait que notre population est la plus vieille et la plus rapidement vieillissante du Canada. Cela signifie que nos coûts en santé vont augmenter plus rapidement que ceux de toutes les autres provinces sans que les transferts fédéraux en santé augmentent en conséquence. Chaque année, notre province aura de moins en moins les moyens de payer notre système de soins de santé, ce qui représente la plus grande dépense du budget provincial. Il ne faut donc pas se surprendre que les Libéraux cherchent maintenant à se cacher derrière les rideaux et donner la gestion des soins à domicile à Médavie, une compagnie privée. La situation en santé va se détériorer progressivement durant les prochaines années et les Libéraux veulent se protéger.

 

En éducation, le haut taux d’analphabétisme continuent de faire les manchettes et le taux d’inscription dans les collèges et les universités continuent de chuter.

 

Mais parlons des promesses brisées qui ont porté les Libéraux au pouvoir. Aux dernières élections, Gallant a promis que tout le monde au Nouveau-Brunswick aurait un médecin de famille en 2018. Comment avance ce dossier? Il y a deux mois de reste avant 2018 et on nous lance encore des promesses vagues de collaboration avec la Société médicale pour avoir plus de médecins de famille?

 

Gallant a aussi promis d’arranger le système d’imposition foncière. Ça devait être une farce? Mais elle ne fait pas rire. Des villes comme Saint-Jean sont prises à payer la facture et à devoir faire des coupures d’austérité. Qui est affecté par l’austérité? Les pauvres, les plus démunis et les personnes âgées.

 

Il est ironique que des efforts contre la pauvreté soient déployés à Saint-Jean, alors que le gouvernement libéral a bafoué le dossier des taxes foncières. Le maire de Saint-Jean, Don Darling, et son conseil l’ont bien expliqué dans une motion qu’ils ont adoptée: le système de taxe foncière est brisé. Il ne fonctionne pas. Si on prend seulement les taxes non collectées pour la propriété de Canaport LNG (où la province a engagé une compagnie pro-industrie pour faire l’évaluation foncière), ce serait assez d’argent pour éliminer le recours aux banques alimentaires de Saint-Jean (et ailleurs) pour plusieurs années à venir.

 

Cela dit, deux mesures annoncées dans le discours du Trône méritent notre appui: la modification du droit du travail pour permettre l’arbitrage de la première convention collective et l’intention de modifier la Loi sur l’hygiène et la sécurité au travail pour inclure la violence en milieu de travail comme un risque professionnel. Ces deux changements se font attendre depuis longtemps. Mais c’est seulement la pointe de l’iceberg lorsqu’on pense à tous les changements nécessaires pour protéger les travailleurs et les travailleuses de cette province, et ce sont ces enjeux-là que le NPD mettra en lumière de pleins feux aux prochaines élections.

 

C’est extrêmement pénible d’entendre ce gouvernement prétendre qu’il a des valeurs progressistes à la dernière minute, alors que ses actions démontrent le contraire. La tragédie, c’est que des politiques progressistes sont nécessaires pour sauver le Nouveau-Brunswick, pour encourager les jeunes d’y revenir et d’y rester et pour atteindre la prospérité. Mais ces politiques progressistes doivent faire partie d’un plan cohérent et global et non d’une approche tout éparpillée, improvisée à la dernière minute pour se faire réélire.

 

Le Nouveau-Brunswick a besoin d’une alternative au système à deux partis. Il faut mettre fin à la complaisance et à la culture du «tout m’est dû» qui existent chez nos représentants élus. Pour mettre fin à cette tendance destructrice, le Nouveau-Brunswick doit se tourner vers un parti qui croit à un secteur public fort et à un bon gouvernement qui ne demande pas aux compagnies privées de gérer nos services publics. J’ai l’intention de présenter le NPD comme cette alternative: un parti prêt à gouverner dans toutes les régions de la province.

 

Les prochaines élections doivent porter sur le genre d’avenir que nous voulons pour nos jeunes. Nous devons créer une économie et une société qui inspirent notre jeunesse et qui lui donnent le goût de rester. Il est temps de changer. Embarquez avec nous.