Un investissement dans l’avenir qui nous profite tous
Par : Nate Wallace, Directeur des politiques publiques des Jeunes néo-démocrates du Canada
En 2019, les frais de scolarité à l’Université du Nouveau-Brunswick vont augmenter en flèche. Dans certaines facultés, les étudiants feront face à une augmentation de plus de 1 000$.
Brian Gallant a accepté de renouveler les frais de scolarité à UNB dans le cadre d’une nouvelle lettre d’entente avec l’université. Lors d’une allocution du vice-recteur aux affaires académiques du campus de UNB à Fredericton, un groupe de plus de 100 étudiants, dont je faisais partie, a tenu un «sit-in» afin de manifester leur mécontentement. Le vice-recteur expliquait que ce renouvellement fixerait les frais de scolarité au montant auquel il auraient été en l’absence des gels de frais de scolarité et de financement imposés par la province au cours des vingt dernières années.
Il y a eu plusieurs changement en vingt ans. En 1997, les corporations devaient payer une taxe fédérale de 31%. Aujourd’hui, cette taxe a été réduite de moitié, à 15%. Cette réduction de taxe a mené à une réduction des transferts fédéraux aux provinces, notamment en éducation postsecondaire, ce qui explique l’augmentation drastique des frais de scolarité partout au pays. La coût de l’éducation postsecondaire est donc refilé de plus en plus aux individus, au lieu d’être assumé par le gouvernement fédéral, à partir de l’argent payer par les grande corporation qui peuvent se le permettre. Au lieu d’une taxe progressive selon les moyens de chacun, nous avons maintenant des frais fixes qui doivent être payés par chaque étudiant, peu importe leur revenu. En somme, ma génération doit s’endetter pour payer le coût de toutes les réductions de taxes offertes aux grandes corporations.
Les étudiants du Nouveau-Brunswick, comme moi, ont la dette étudiantes la plus lourde au pays, soit une moyenne de 35 200 $, ce qui est 50% plus élevé que la moyenne canadienne de 22 300 $. Nous payons aussi le taux d’intérêt le plus élevé sur nos dettes étudiantes. Selon la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants, les frais de scolarité au Nouveau-Brunswick ont augmenté d’environ 20% depuis 2010.
Bien que le Programme des droits de scolarité gratuits et le Programme d’allègement des droits de scolarité pour la classe moyenne augmentent l’aide financière disponibles au début des études, le gouvernement provincial investit 20$ millions de moins par année en aide financière pour étudiants qu’il ne le faisait avant la création de ces programmes. De plus, cette aide financière ne s’applique pas aux étudiants de cycles supérieurs, alors que ce sont cette catégorie d’étudiants que nous avons de la peine à garder au Nouveau-Brunswick.
​Depuis que je suis né, il y a 21 ans, l’université s’est tranquillement transformée: d’une institution publique accessible à la majorité des citoyens et citoyennes, elle devient une institution réservée à l’élite. L’augmentation des frais de scolarité exclut les moins nantis d’une éducation supérieure. L’aide financière aux étudiants est de plus en plus complexe et réglementée. La diminution du financement public oblige les universités à diversifier leurs revenus, ce qui augmente les dépenses administratives que les universités doivent payer. L’augmentation des frais mène à une diminution des inscription. Les universités doivent donc se faire concurrence pour attirer un marché potentiel de plus en plus petit. Les conséquences sont terribles pour l’ensemble de la société. Il y a un écart grandissant entre le revenu potentiel des diplômés de l’école secondaire et ceux des diplômés postsecondaires.
Le Nouveau-Brunswick a déjà le revenu moyen par ménage le plus bas au Canada. L’augmentation des frais de scolarité devient en fait une taxe sur l’opportunité pour les familles de la classe moyenne. L’augmentation des frais de scolarité rendent nos universités moins concurrentielles et moins attirantes, ce qui nous empêche de former et de retenir une mains d’œuvre qualifiée.
Le Directeur parlementaire du budget estime que la croissance du PIB ralentira à 0,4% après 2022 à cause de la réduction de la mains d’œuvre et le ralentissement de la productivité. C’est beaucoup moins que la croissance du PIB au Nouveau-Brunswick qui se situe historiquement à environ 1.9% par année. Mais en augmentant les frais de scolarité, on diminue la mains d’œuvre qualifiée, on fait stagner la productivité, ce qui ampute substantiellement les revenus d’impôts et l’économie provinciale.
Le plan du gouvernement Gallant de renouveler les frais de scolarité après les élections provinciales envoie un message clair à ma génération: il ne se s’occupe pas vraiment de nous. Ma génération, criblée de dettes insoutenables, avec des mauvais salaires et des emplois précaires, mérite mieux. J’écris ce texte parce que je crois que les frais de scolarité ne concerne pas seulement les etudiants; c’est un enjeu qui devrait préoccuper tous les électeurs. Nous pouvons cesser l’augmentation des frais de scolarité et commencer à investir dans notre avenir. Nous pouvons renverser le déclin du Nouveau-Brunswick en créant le meilleur endroit où étudier, travailler et avoir une famille. C’est une alternative à la «privatisation» des universités et à la diminution de la mains d’œuvre. Le plan du NPD du Nouveau-Brunswick va éliminer les frais de scolarité dans les collèges communautaires, réduire les frais de scolarité d’etudes universitaires de premier cycle de 25%, éliminer l’intérêt sur les prêts étudiants provinciaux et élargir l’aide financières aux étudiants de cycles supérieurs. Nous pouvons payer pour ce plan en faisant en sorte que les grandes corporations paient leurs juste part et en éliminant la réduction d’impôts offerte au 1% qui font le plus d’argent. Cet automne, envoyons un message clair à Brian Gallant.